LOTECH
Structure urbaine éphémère pour la terrasse
d’été du Batofar. Installation pour DJ set,
pop up store et performances graffiti sur le quai
du Port de la Gare à Paris.

        Pour inscrire le projet dans une démarche engagée
nous avons décidé qu’aucun matériaux que nous
allions utiliser ne finissent à la déchèterie. Pour cela,
nous avons produit une micro architecture faite
de composants industriels standards sur lesquelles
nous intervenons le moins possible lors de leur mise
en œuvre.
        Cette fabrication économe en interventions,
en assemblage d’éléments normalisés brut d’industrie,
nous a amené à opter pour choisir des produits
pouvant être loués, revendus, réutilisés car bien que
mis en œuvre, conservés dans leur état de livraison.
Cette attitude de conception qui semble être
de « bon sens » est particulière lorsque l’on voit
les pratiques habituelles où les matériaux et les objets
sont jetés après l’événement. Notre effort d’intégration
de ces problématiques dans le processus
du projet demande une logistique post opératoire
impliquant d’autres acteurs intéressés par cette
fourniture de deuxième main (associations, ateliers
solidaires, etc). Bien que nous ayons fait des choix
plastiques et techniques liés au lourd cahier
des charges d’une installation urbaine dans une
grande ville, nous voyons notre projet comme
un « lego », un système ouvert à l’appropriation
pour d’autres concepteurs avec lequel il est possible
de faire à moindre coût des constructions
en tout genre, allant du simple mur, aux gradins,
un abris, un garage, un hangar ou pourquoi
pas une maison.
        Le projet est en quelque sorte, une préfiguration
des potentiels constructifs de ce système simple qui
pourrait être proposé sur une plateforme de conception
DIY. L’idée de partage des informations et des matériaux
de façon responsable est une attitude contemporaine
qui génère une position sociale particulière, elle même
produisant une esthétique de l’action et de l’efficacité.
        Pour mettre en place cette micro architecture,
il fallait pouvoir proposer un système fonctionnant
en terme d’échelle avec une conquête rapide et effective
de l’espace. Ne pouvant pas être fixé au sol, l’ouvrage
devait être lesté. Pour cela nous avons imaginé des
colonnes constitués d’un empilement de trois cuves IBC
d’une contenance de 1000 L remplis d’eau, permettant
d’avoir une base constructive d’environ 3 tonnes, nous
assurant ainsi une stabilité structurelle adéquate.
        Sur ces colonnes nous avons construits des structures
solidarisés et contreventés en bois permettant de tenir
en porte-à-faux des auvents d’ombrage en madriers
élingués par des câbles et des sangles.
        Entre les colonnes des structures solidarisent
l’ensemble avec des murs en palissades ayant pour
fonction d’accueillir des expositions, des performances,
des stands de vente pour pop up stores.
        Sur le même principe nous avons aussi proposé
un bar et un DJ Booth retro éclairés animan les évènements
nocturnes de l’été. Ce projet montre notre approche
et notre interprétation de designers des notions
« d’esthétique relationnelle »(1)  et « d’open-source
hardware »(2) à l'échelle  d’un objet urbain.
        Nous avons pris le parti de montrer le projet à travers
un reportage photo noir et blanc montrant une typologie
d'usage de l’installation avec les artistes en action lors
de 2 jours de session graffiti, début juillet 2014.

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Equipe de maîtrise d’œuvre :
Conception : FUGA + Depuis 1920
FUGA – J. Aich & M. Recordon
Depuis 1920 – Manuel Macaigne
Assistance technique : Alexandre Guibert
Graffitis : ERMS, KENO, LIKE, SHONE,
SWIZ, HOCTEZ, Philippe BAUDELOCQUE.
Photos : Jérôme Aich
2014


(1) « Esthétique relationnelle : théorie
esthétique consistant à juger les œuvres d'art
en fonction des relations interhumaines qu'elles
figurent, produisent ou suscitent ».
Nicolas Bourriaud
(2) « Open-source hardware (OSH) consists
of physical artifacts of technology designed
and offered by the open design movement ».
Chris Anderson



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